Comment gérer l’incertitude de la demande
- Gérard LEVY -
La vitesse d’évolution des marchés n’a jamais été aussi grande. L’incertitude est désormais un
paramètre clé de la gestion industrielle.
Sommaire
Lorsque la demande est saisonnière, la capacité de production ne suffit pas à absorber les
pointes de demande. Il faut donc lancer la production par anticipation en se fondant sur des
prévisions de ventes.
Lorsque les produits ont une durée de vie longue, l’excédent de production par rapport aux ventes se traduit uniquement par un sur-stockage temporaire qui se résorbe de lui-même.
Lorsque les produits ont une durée de vie courte, tout stock résiduel peut entraîner une perte due à l’obsolescence.
En sens inverse, une production inférieure à la demande entraîne une perte de marge (coût direct de rupture de stock) auquel s’ajoute le coût indirect de rupture (insatisfaction des clients).
Comment déterminer l’équilibre entre ces deux types de coûts ?
Lorsque les produits ont une durée de vie longue, l’excédent de production par rapport aux ventes se traduit uniquement par un sur-stockage temporaire qui se résorbe de lui-même.
Lorsque les produits ont une durée de vie courte, tout stock résiduel peut entraîner une perte due à l’obsolescence.
En sens inverse, une production inférieure à la demande entraîne une perte de marge (coût direct de rupture de stock) auquel s’ajoute le coût indirect de rupture (insatisfaction des clients).
Comment déterminer l’équilibre entre ces deux types de coûts ?
Ce problème est particulièrement aigu dans les industries liées à la mode où la demande
présente deux caractéristiques :
Les variables qui doivent être identifiées et évaluées sont :
- une saisonnalité forte
- une décote très forte des produits non vendus pendant la saison
- une décote très forte des produits non vendus pendant la saison
Les variables qui doivent être identifiées et évaluées sont :
Pour un produit dont les caractéristiques sont les suivantes :
Soit
Cette perte ne prend pas en compte deux éléments qui peuvent être significatifs :
- Prix de vente normal = 100
- Matières premières = 40
- Main d’oeuvre directe = 20
- Prix de vente soldé = 50
la perte directe en cas de surproduction est égale a :
- Matières premières = 40
- Main d’oeuvre directe = 20
- Prix de vente soldé = 50
Coût variable – Prix soldé
Soit
40 + 20 – 50 = 10
Cette perte ne prend pas en compte deux éléments qui peuvent être significatifs :
- Les frais financiers sur la période de stockage.
- Les coûts fixes induits par la réalisation du produit. Lorsque la surproduction est significative, il est logique qu’elle supporte une quote-part des frais fixes. Pour simplifier notre exemple, nous négligerons ces éléments.
- Les coûts fixes induits par la réalisation du produit. Lorsque la surproduction est significative, il est logique qu’elle supporte une quote-part des frais fixes. Pour simplifier notre exemple, nous négligerons ces éléments.
Dans l’exemple ci-dessus le coût direct est égal à la perte de marge brute soit :
A ce coût qui correspond uniquement au manque à gagner d’une vente perdue doit s’ajouter le risque d’un mécontentement du client.
100 – 40 – 20 = 40
A ce coût qui correspond uniquement au manque à gagner d’une vente perdue doit s’ajouter le risque d’un mécontentement du client.
La plupart des entreprises où ce problème se pose n’effectuent pas un suivi par saison du
nombre d’articles résiduels alors que ce pourcentage, qui peut être mesuré en quantité et en
valeur, est un indicateur essentiel de la qualité des prévisions.
| SAISONS | QUANTITES | NOMBRE D’ARTICLES RESIDUELS | POURCENTAGE |
| 1 | 380 000 | 22 000 | 5,7 % |
| 2 | 460 000 | 38 000 | 8,2 % |
| 3 | 350 000 | 52 000 | 14,8 % |
| 4 | 480 000 | 61 000 | 12,7 % |
On constate de même que peu d’entreprises mesurent de façon systématique leur ratio de
rupture de stock et son évolution dans le temps alors que cet indicateur permet de mesurer lui
aussi la qualité des prévisions :
Cette absence de mesure tient au fait que la plupart des systèmes de gestion commerciale ne gardent pas trace en mémoire des commandes reçues et non livrées.
| SAISONS | QUANTITES VENDUES | COMMANDES RECUES ET NON LIVREES | POURCENTAGE |
| 1 | 380 000 | 12 000 | 3,1 % |
| 2 | 460 000 | 22 000 | 4,8 % |
| 3 | 350 000 | 18 000 | 5,1 % |
| 4 | 480 000 | 34 000 | 7,0 % |
Cette absence de mesure tient au fait que la plupart des systèmes de gestion commerciale ne gardent pas trace en mémoire des commandes reçues et non livrées.
Pour chaque produit de sa gamme, la société effectue des prévisions de ventes. L’examen
systématique des écarts sur plusieurs années entre les ventes réalisées et les ventes prévues
permet d’améliorer la qualité des prévisions.
Lorsque les produits changent constamment, cette analyse n’est pas suffisante. Il faut alors utiliser la méthode de prévision par équipe.
L’équipe est composée des différentes personnes de l’entreprise qui, par leur expérience du marché et des produits, peuvent fournir une estimation des ventes probables. On demande à ces personnes de fournir, de façon indépendante, leur estimation des ventes probables.
Ceci fournit les données suivantes :
On constate que si la moyenne des deux articles est identique, la dispersion du produit B est beaucoup plus forte.
Ceci signifie que l’incertitude est très grande et donc le risque sur cet article est plus élevé. Les lancements de production devront donc être ajustés pour prendre en compte le risque.
En résumé :
Lorsque les produits changent constamment, cette analyse n’est pas suffisante. Il faut alors utiliser la méthode de prévision par équipe.
L’équipe est composée des différentes personnes de l’entreprise qui, par leur expérience du marché et des produits, peuvent fournir une estimation des ventes probables. On demande à ces personnes de fournir, de façon indépendante, leur estimation des ventes probables.
Ceci fournit les données suivantes :
| MEMBRES D’EQUIPE | ||||||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | MOYENNE | ECART TYPE | |
| Prévisions du produit A | 1 200 | 1 150 | 1 250 | 1 300 | 1 100 | 1 200 | 1 200 | 65 |
| Prévisions du produit B | 1 500 | 700 | 1 200 | 300 | 2 075 | 1 425 | 1 200 | 572 |
On constate que si la moyenne des deux articles est identique, la dispersion du produit B est beaucoup plus forte.
Ceci signifie que l’incertitude est très grande et donc le risque sur cet article est plus élevé. Les lancements de production devront donc être ajustés pour prendre en compte le risque.
En résumé :
- La gestion économique des produits aléatoires suppose une évaluation du coût de
surproduction et du coût de rupture.
- Les pourcentages d’erreurs doivent être suivis sur plusieurs saisons.
- Les prévisions de ventes doivent être faites indépendamment par plusieurs personnes.
L’écart type de leurs prévisions est une information aussi importante que la moyenne.- Les pourcentages d’erreurs doivent être suivis sur plusieurs saisons.
- Les prévisions de ventes doivent être faites indépendamment par plusieurs personnes.
La Segmentation en Marketing Industriel est un élément essentiel du processus d'acquisition ou de redressement d'une entreprise.
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59100 Roubaix - France
Tel : +33 (0) 3 20 73 50 31
e-mail : scpg@wanadoo.fr
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